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Pour l’inscription immédiate de Kamilla

samedi 12 mars 2011, par Paris 10


Compte rendu :

Jeudi, avec une cinquantaine de signataires de la pétition munis de banderoles, d’instruments de musique en tous genres et de slogans, nous nous sommes postés à l'entrée de la Maison de l'Etudiant (nouveau bâtiment à l'entrée de l’Université de Nanterre) qui devait être inauguré comme d'autres par la présidente de l’Université, Bernadette Madeuf, Cornelius Crowley, Vice-président chargé des Études et de la Vie universitaire et officieusement responsable des étudiants sans-papiers, le Président du Conseil Régional, Jean-Paul Huchon, absent et remplacé par un représentant du Conseil Général, et des représentants du CROUS.

Le programme prévu a été détourné en raison de notre présence, les inaugurants se retranchant dans le bâtiment V où nous les avions suivis. Décidés à participer à la fête avec eux, ce sont les seuls vigiles que nous avons eus pour interlocuteurs, bloquant toutes les entrées. Cela ne nous a pas empêcher de continuer à jouer de la musique et à scander nos revendications. Certains ont réussi à entrer dans le bâtiment et nous ont invité à y entrer. Nous sommes donc entrés dans le bâtiment sans pouvoir atteindre le lieu des festivités. Un petit groupe ayant trouvé une petite fenêtre pour les interpeller, c’est désormais le rideau qui fut baissé sur nos camarades.

Nous n'avons pu ni approcher la présidence ni finalement remettre la pétition, les vigiles faisant définitivement barrage !!!


Malgré tout, notre participation a contraint les présents à annuler le cocktail prévu dans un autre bâtiment et à décider de s’enfermer dans le bâtiment de la présidence, totalement imperméable et impénétrable, les vigiles triant consciencieusement les entrants. B. Madeuf et C. Crowley se sont faufilés par un autre chemin, certainement secret, et devant notre présence répétée, ils ont finalement préféré s’éloigner du Hall au profit des étages, loin de toute contradiction. 

Ce jeu de cache-cache durant tout l'après-midi avec les représentants de l’université serait risible si l’affaire qui nous réunissait n’était pas aussi sérieuse. Elle démontre aussi la cécité résolue devant les problèmes qui pourraient gêner ce consensus permanent et cette fuite en avant devant le cas de Kamilla. Loin d'être un cas isolé, la réaction est symptomatique de la manière dont les étudiants étrangers se heurtent à la capacité de l'institution universitaire, sans le dire, de suppléer l'autorité préfectorale.

Il est évidemment hors de question de s'arrêter en si bon chemin.

Le rassemblement de ce jeudi 3 mars n'était pas un objectif définitif mais un moyen de nous faire entendre. Il nous reste encore d'autres d’ exprimer notre indignation et de faire entendre nos protestations, de faire entendre la voix de Kamilla et de tous les étudiants et non étudiants étrangers.

C. Crowley invoque, enfin, un dernier argument pour justifier le refus de l'inscription de Kamilla en Licence première année (L1) de droit : selon lui son Baccalauréat Mauricien n'est pas équivalent à un baccalauréat français. De ce fait, il lui propose une inscription en DAEU (Diplôme d'Accès aux Études Universitaires).

Après enquête dans d’autres universités, nous constatons l'opacité et la complexité du système d'inscription et d'équivalence pour les étudiants étrangers.

En réalité, seul le CIEP (Centre international d’études pédagogiques : établissement public sous tutelle du ministère de l’Education nationale ) peut délivrer des attestations d'équivalence. C'est un traitement au cas par cas et moyennant 70euros ! Pour la simple connaissance de la validité de son diplôme . Selon le CIEP personne d'autre ne peut dire si oui ou non tel ou tel diplôme étranger est équivalent ou non à tel ou tel diplôme français. Le CIEP ajoute que cet argument utilisé par Mr Crowley n'est pas valable pour refuser l'inscription de Kamilla.

Par ailleurs, l’université de la Sorbonne affirme que le baccalauréat Mauricien de Kamilla est équivalent et qu’elle peut accéder directement à une L1 de droit sans passer par un DAEU !!

Comment ces deux Universités peuvent donner deux informations contradictoires sur un même dossier ? En fonction de quels critères ces dossiers sont traités ? A ces questions personne n'est en mesure, ou n’a daigné nous répondre !!!



Rassemblement Jeudi 10 mars à 12h30 devant la maison des étudiants

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