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Pas de négociations sur les migrations

samedi 7 octobre 2006, par _S. Paris3-web

Communiqué du RUSF du 28 septembre 2006 sur l’accord de gestion des flux migratoires, France/Sénégal

Communiqué du Réseau Université Sans Frontières
Le 28 septembre 2006

Sur l’accord de gestion bilatérale des flux migratoires signé entre le ministre sénégalais de l’Intérieur, Ousmane Ngom, et son homologue français, Nicolas Sarkozy, le 24 septembre, le Réseau Université Sans Frontières dénonce un honteux marchandage portant sur l’accueil des étudiants sénégalais en France. Il s’indigne particulièrement de voir ainsi négociées les situations diverses, complexes et parfois dramatiques des migrants.

Nous rappelons que, comme le soulignent de nombreux rapports*, les conditions d’accueil en France sont déplorables pour les étudiants étrangers (multiplication des contraintes administratives, non renouvellement de la carte de séjour pour cause d’insuffisance de ressources ou de redoublement… expulsions**). Il est essentiel d’améliorer cette situation pour répondre au principe universel de droits aux études, dans les meilleures conditions, sans distinctions d’origine ou de ressources.

En second lieu, le Réseau Université Sans Frontières réaffirme ses inquiétudes dans l’implication du Ministère de l’Intérieur sur les questions de mobilité étudiante. Cet accord conclu avec le Sénégal traduit l’extension de la politique d’immigration choisie à la mobilité étudiante. Celle-ci vise à la sélection des étudiants depuis leur pays d’origine, qui seront le fait d’institutions n’ayant rien à voir avec les instances d’enseignement supérieur : les Centre d’Etudes en France récemment mis en place dans les principaux pays d’émigration. Si le ministre de l’Intérieur déclare vouloir favoriser une « migration de mobilité », il a surtout contribué à la chute du nombre de visas étudiants délivrés depuis 2003, et a rendu quasiment impossible leur installation en France. Actuellement, seuls 4% des étudiants possédant une carte de séjour étudiant se voient ensuite accorder une carte de séjour travailleur. Cette volonté de « migration de mobilité » n’est qu’un euphémisme signifiant « rentres chez toi » !

Nous tenons à réaffirmer ce principe universel fondamental : le choix de mobilité doit être celui de l’étudiant et non d’un état ou d’un gouvernement quel qu’il soit. Le savoir appartient à tous, sans distinction de nationalité, de sexe ou de ressources.

Si le gouvernement veut améliorer les conditions d’accueil des étudiants étrangers en France, qu’il commence donc par leur permettre de finir leurs
études.

- En libérant et régularisant immédiatement Akramul Hoque, étudiant à Nancy 2 et actuellement en centre de rétention et en instance d’expulsion.

- En simplifiant les démarches à la préfecture, en accordant un titre de séjour lors de la délivrance de la carte d’étudiant par l’Université, en fonction de critères d’études et non pas d’origines géographiques ou de ressources financières.

- Et en supprimant les Centre d’Etudes en France qui nuisent à la circulation des étudiants, à la formation, aux échanges et au développement.

Réseau Université Sans Frontières

* (rapport Weil, Rapports Claeys [Commission des finances, de l’économie et du Plan], Dufourg, Flitti, Cohen [MAE-MEN], Coulon [OVE], Conseil national pour le développement de la mobilité internationale des étudiants, Ceiser-Ben-Guiga [Sénat], Szymankiewicz [Inspection générale du MEN], Harfi [Commissariat général du Plan], Vuilletet [Conseil économique et social])
** Joseph K.. à Besançon, Aubin D. à Reims, Fathi T. à Aix ont été expulsés avant d’avoir pu finir leurs études.

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