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Calais : 4ème jour de grève de la faim

lundi 9 avril 2012, par _J. Toulouse


Quatrième jour de grève de la faim pour un détenu du CRA de Calais


Dimanche 8 avril 2012

Le 4 avril dernier, un iranien a commencé une grève de la faim au centre
de rétention de Coquelles (Calais). Il doit être déporté en
Hongrie – un pays où il n’a jamais été – selon les
accords Dublin II. Il refuse de
manger jusqu’à sa libération ou sa mort. Il demande justice.

Son état se détériore et jusque hier (7 avril) il refusait également de
boire. Tandis que l’infirmière du CRA2 ne veut faire
aucun commentaire sur son état de santé, les activistes de Calais Migrant
Solidarity qui lui ont rendu visite disent qu’il est pale, faible et pris
de vertiges.


Les officierEs de Coquelles refusent d’admettre que la grève de la faim
est un acte politique. Ils la faire passer pour de la folie. Ils ont
également refusé que les visiteurEs le voient avec son ami anglophone (qui
aide à la traduction). Sa liberté d’expression est donc entravée,
oppression supplémentaire.

Il est détenu depuis 23jours, mais cette détention peut durer jusqu’à 45
jours sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui (seulement sa
situation administrative). Il décrit dans une lettre à celles et ceux qui
se trouvent à l’extérieur du centre ce qu’est la rétention à Coquelles :

« Je vis les mêmes oppressions physiques et psychologiques qu’en Iran,
bien qu’il [le gouvernement français] s’autoproclame défendeur des
droits humains. Est-ce que ce sont des droits humains de nous mettre en prison et
de nous traiter comme des animaux ?... »

Les autorités hongroises emprisonnent presque sans exception touTEs les
demandeurEs d’asile qu’elles « reçoivent », pouvant les détenir jusqu’à 12
mois. Elles emprisonnent aussi ceux et celles qui ont été déportéEs en
Hongrie selon les accords de Dublin II. Le comité Helsinki a rendu compte de cas d’automutilation et de
violences policières récurrentes à l’intérieur des CRA4

Cette grève de la faim n’est pas un cas isolé. Partout dans le monde
des personnes sans papiers refusent de s’alimenter pour protester contre la répression
et les détentions à répétition qu’ils subissent. En Belgique, 23 personnes
sans papiers en sont à leur 83eme jour de grève de la
faim


Historiquement, les grèves de la faim ont souvent été utilisées comme des
formes de protestations intéressantes pour mettre en lumière la répression
et l’injustice.

L’oppression systématique des personnes sans papiers est une réalité
quotidienne en Europe. Cette personne a fuit l’Iran pour rester en vie et
a souffert en détention en France ; si il est déporté en Hongrie, il va
continuer à vivre sans liberté. Son état de santé se détériore tant que sa
grève de la faim continue. Il espère que les gens ne vont pas l’oublier.

Calais Migrant Solidarity

Pour plus d’informations et des lettres de soutien :

calaisolidarity@gmail.com

00 33 6 45 46 59 86

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