vendredi 13 juin 2008, par S. Lyon-web
Communiqué de presse du Réseau Universités sans Frontières (RUSF) 69
Lyon, le 12 juin 2008
Dans les 27 Etats membres de l’Union européenne, plus de 200 centres de rétention administrative sont des zones de quasi non-droit où l’Etat emprisonne hommes, femmes et enfants pour le seul délit administratif d’être sans papiers. Journalistes et ONG ont constaté des conditions de vie comparables à celles dans les prisons et parfois pires, et des violations fréquentes des libertés fondamentales. La violence y est permanente et insupportable comme en témoignent les récents événements du Centre de rétention de Vincennes (Tentatives de suicide, automutilations, grèves de la faim ; Violences policières physiques et verbales répétées)
Mercredi 18 juin, une proposition de directive relative « aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier » sera soumise au vote du Parlement européen. Sous prétexte d’harmonisation de la législation en matière de rétention et d’expulsion des personnes en situation irrégulière, la « Directive de la Honte » ouvre la voie à une généralisation d’une politique d’enfermement des migrants.
Nos inquiétudes sont d’autant plus vives qu’on note un durcissement dans la dernière version du texte qui prévoit :
une durée d’enfermement pouvant atteindre 18 mois, (actuellement la
durée maximale est de 32 jours en France), pour le seul fait d’avoir
franchi des frontières et de vouloir vivre en Europe
la détention et l’éloignement des personnes vulnérables (femmes
enceintes, personnes âgées, victimes de torture,...) et des mineurs qu’ils
soient ou non accompagnés. La dernière version de ce texte permet la
détention et l’expulsion des mineurs isolés vers un pays tiers (autre que
leur pays d’origine) où ils n’ont ni famille ni tuteur légal ; en outre,
il n’est plus imposé aux Etats de fournir un titre de séjour aux personnes
gravement malades.
une systématisation de l’interdiction du territoire de l’UE pendant cinq
ans pour les personnes expulsées, soit l’exclusion et la criminalisation
de ces personnes ; il s’agit d’un bannissement contre lequel les recours
seront impossibles en pratique
une double exclusion par le renvoi des étrangers vers les pays par
lesquels ils n’ont fait que transiter, sans qu’ils aient un lien avec ces
pays
Cette directive constitue une nouvelle étape grave dans l’affaiblissement des garanties démocratiques, des libertés et des droits fondamentaux. Nous ne concevons pas un projet européen où la xénophobie l’emporte sur la dignité et l’égalité entre les hommes.
RESF, RUSF et le Collectif 69 de soutien aux demandeurs d’asile et aux sans-papiers dénoncent la marchandisation des étrangers qui est à la base de la politique choisie par le gouvernement : aucun être humain ne peut être réduit à sa simple force de travail sur le marché du travail. Nous refusons les quotas d’expulsions (25000 par an), et les moyens mis en oeuvre pour les atteindre : les contrôles, rafles et arrestations arbitraires et les placements en centres de rétention.
RUSF69, rusf69@no-log.org, 06 34 49 73 84
RESF69, resflyon@aol.com, 06 81 51 81 44 - 06 31 11 24 29 - 06 23 85 17 70
Collectif 69 de soutien aux demandeurs d’asile et aux sans-papiers
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Nous appelons également l’ensemble des citoyens à manifester leur opposition en écrivant aux parlementaires européens :
http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php ?article13513#actions
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