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La présidence au pied du mur. Les étudiants en haut de la tour

mardi 29 mars 2011, par Paris 10


La présidence au pied du mur


Les étudiants en haut de la tour


 


Cela fait trois semaines que nous nous mobilisons contre la situation intolérable dans laquelle l’université – via ses agents administratifs – a mise Kamilla : jeune mauricienne, elle est arrivée en France il y a 6 ans et depuis a essayé de s’inscrire chaque à année à Nanterre. Toujours la même réponse : « Pas de papiers ? Direction la préfecture ». Côté préfecture, la seule chance d’obtenir un titre de séjour étudiant est d’être inscrit à l’Université.


S’accrochant toujours au cadre d’un droit de plus en plus flou, C. Crowley, vice président de l’université, propose aujourd’hui à Kamilla d’accéder en cours d’année à un Diplôme d’Accès aux Etudes Universitaires, soutenant que son bac mauricien n’est pas équivalent au bac français. Il appartient pourtant au seul CIEP (Centre International d’Etudes Pédagogiques – relié au ministère) et non à l’Université de fixer une telle équivalence.


Le jeu vicieux de renvoi perpétuel entre préfecture et université, Kamilla n’est pas la seule à y être confrontée. Nombreux sont les étrangers à qui on ferme les portes de l’université. Cela s’inscrit dans un traitement différentiel plus général des étudiants étrangers.


Le jeudi 03 mars, la réaction de la présidence face au rassemblement et à l’annonce de la remise de la pétition diffusée pour l’inscription Kamilla a été d’annuler l’inauguration de la maison de l’étudiant, et de se retrancher dans le sous sol du bâtiment V, puis dans le bâtiment B, sous la protection des vigiles.


Devant ce refus, nous nous sommes rassemblés ce jeudi 10 mars et avons décidé d’investir le bureau des étrangers pour poser enfin clairement la question de l’accueil des étudiants étrangers à Nanterre. Devant notre obstination, le responsable a fini par appeler Cornélius Crowley. Après un long entretien, ce dernier s’est engagé à nous accorder un rendez-vous la semaine prochaine avec Bernadette Madeuf, présidente de l’université et lui-même. Nous y revendiquerons l’amélioration de la situation des étudiants étrangers à l’université, et un engagement clair dans le soutien des dossiers de ses étudiants sans papiers vis-à-vis des préfectures.


C’est pourquoi, de la même manière et avec la même force, nous continuons à nous battre contre les injustices que connaissent les étudiants les plus précaires qui habitent en cité universitaire. Nous exigeons que la présidence de l’université se positionne contre les expulsions menées par le Crous de 24 résidents en pleine trêve hivernale le 26 février. Ceci s'inscrit dans la droite ligne du processus de privatisation de ce service social.


A l’heure où les pratiques et les discours xénophobes s’insèrent partout, où chacun préfère épier son voisin plutôt que réfléchir aux changements qui sont nécessaires, et de s’engager pour les faire advenir,


nous vous proposons une action claire, avec des objectifs précis et où vous jouerez un rôle réel : celui de réaffirmer l’égalité devant le savoir de tous les étudiants, manifester votre soutien à Kamilla et participer au dépôt collectif des dossiers pour la régularisation des étudiants sans papiers.


 


 


« Il y a Nanterre une tradition de démocratie active, participative, délibérative, de démocratie réelle (…) au quotidien, dans l’action… »


Bernadette Madeuf, présidente de l’Université, sur France Culture le 16/12/2010


 


 


Pour que ces mots ne soient plus un discours séduisant adressés aux journalistes, et parvenir à une vraie transparence des rouages de l’administration,


Rejoignez-nous pour un rassemblement revendicatif, pendant le rendez vous avec la présidence :


 


  Mercredi 16 mars à 16h30


Devant le bâtiment B


 


 


Lors de ce rendez-vous, nous demanderons à la présidence :


 


- d’inscrire immédiatement Kamilla en L1 de droit


- d’assurer que le titre de séjour ne soit plus demandé, quelque soit le type d’inscription (première inscription, réinscription, DAP), et de manière effective  ;


- de reconnaître le caractère intolérable du traitement actuel des étudiants étrangers à l’université, et de travailler à établir un accueil digne des étudiants, quels qu’ils soient ;


- de prendre en charge les demandes régularisation ou de renouvellement du titre de séjour des étudiants inscrits à l’université de Nanterre, de défendre ses étudiants devant les préfectures ;


- de s’engager vis-à-vis du Crous quant aux expulsions à la cité U ;


- de déclarer publiquement ses engagements d’ordre politique quant à la situation des étudiants étrangers.


 


 

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