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Centres pour les Etudes en France (CEF)

lundi 25 septembre 2006, par _M. rusf-web


Réseau universités sans frontières Le Ministère de l’Education Nationale et le Ministère des Affaires Etrangères ont annoncé en juin dernier la généralisation des Centres pour les Etudes en France (CEF) dès la rentrée universitaire 2006. Ils sont présentés comme étant des plates-formes de services mises en place auprès des Ambassades pour être les interlocuteurs des étudiants étrangers et faciliter leurs démarches administratives, notamment la procédure d’inscription. La convention qui a été signée par la conférence des présidents des universités, le Ministère de l’Education Nationale et le Ministère des Affaires Etrangères, indique que les CEF apprécieront la cohérence des projets de formation présentés par les étudiants étrangers et mettent un ensemble d’informations à la disposition des établissements d’enseignement supérieur. Cette convention propose aux universités d’adhérer au CEF pour mieux les aider à avoir des informations sur les profils des candidats Point de passage obligatoire avant les services des visas, les CEF sont en réalité des agences de surveillance et de sélection des étudiants. En effet, ces centres ont pour fonction de transmettre aux universités (qui adhèrent au dispositif) le dossier (version non papier) des étudiants désireux de s’inscrire dans ces établissements et de transmettre aux autorités consulaires la réponse des établissements concernés. Or chaque dossier comporte un avis individuel émis par les CEF sur la base d’un nouveau système multicritères : le projet d’études de haut niveau, le parcours académique et personnel, les compétences linguistiques, les relations bilatérales ainsi que les intérêts de la France et du pays de l’étudiant étranger, qui s’ajoutent aux critères actuels (ressources, inscription dans un établissement d’enseignement, absence de menace à l’ordre public). Incontestablement l’avis des CEF sera déterminant pour l’obtention d’un visa pour études. Placés devant le fait accompli, les établissements de l’enseignement supérieur se sont vus proposer d’adhérer à ce dispositif, étant entendu que les universités qui n’y adhèreraient pas courent le risque de voir leurs étudiants déboutés régulièrement de leur demande de visa par les autorités consulaires. Présentés par le Ministre de l’Intérieur comme l’instrument de sa politique « d’immigration choisie », les CEF vont permettre d’instaurer des quotas de fait, en fonction du pays d’origine des étudiants désireux d’étudier en France. La généralisation de ces centres soumet la politique internationale d’enseignement supérieure et de recherche française au seul prisme de la régulation des flux migratoires, au dépend de la nécessaire ouverture de notre système à l’international, et prive les universités de leurs prérogatives en matière d’évaluation des acquis pédagogiques et professionnels. Ce recrutement « choisi » nous paraît contraire à notre tradition d'accueil et viole délibérément l'autonomie des universités, dont les équipes pédagogiques ne viennent qu’en fin de parcours de la procédure émettre leur avis. Ni les consulats, ni même les établissements des pays originaires n'ont compétence à recruter les étrangers désireux de poursuivre des études en France. Nous, enseignants, personnel IATOSS, étudiants, militants associatifs et syndicaux de l'Université française, nous avons toujours pensé que le savoir était fait pour être partagé sans distinction de nationalité. Il est scandaleux de limiter l’accès à certaines catégories d’étudiants. Nous appelons l’ensemble des acteurs de l’enseignement supérieur mais aussi tous ceux, individus, syndicats, associations, partis, qui rejettent l’injustice, à se mobiliser activement pour la suppression des CEF et à s’opposer à toute la politique de sélection des étudiants étrangers. Paris le 6 septembre 2006

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